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Bilan 2009
« Rendre nos adhérents plus résistants aux variations économiques »

Terrena a communiqué, le 1er avril dernier, ses résultats financiers. En 2009, le groupe a privilégié le soutien au revenu de ses adhérents.

Alain Guillemin et Hubert Garaud, respectivement directeur et président de Terrena.
Alain Guillemin et Hubert Garaud, respectivement directeur et président de Terrena.
© AA

Nous sommes une société de personnes, pas une société de capitaux ». Hubert Garaud, affiche d’emblée la “différence” du groupe qu’il préside, au moment d’en présenter les chiffres 2009, en compagnie d’Alain Guillemin, son directeur général. Pour ces deux responsables, en effet, ces chiffres n’ont un sens qu’interprétés du point de vue des adhérents : « Quel sens aurait notre coopérative sans les agriculteurs et leur agriculture ? »
En 2009, année “complexe et difficile”, le groupe Terrena a privilégié le soutien au revenu de ses adhérents : quelque 10,8 M€ ont été distribués en 2009, sous forme de ristournes sur chiffres d’affaires, d’intérêts, de soutien aux jeunes agriculteurs et aux investisseurs, ou encore de retour sur engagement. Cette décision a conduit à la baisse du résultat de la coopérative de près de 50 % : il s’établit à 13,1 M€ (19,5 M€ pour le groupe). Malgré cette baisse, une redistribution exceptionnelle aux adhérents de 5,3 M€ sera proposée au vote lors de l’assemblée générale annuelle de la coopérative, le 27 mai prochain.
Pour 2009, le chiffre d’affaires du groupe Terrena s’est établi à 3,5 Md €, en baisse de 11 % par rapport à l’année passée. « Cette baisse est liée à deux choses, décrit Alain Guillemin. D’abord, les variations de cours des matières premières expliquent  plus des trois quarts de cette baisse. Ensuite, nous avons eu des petites variations de périmètre. »
Le directeur général examine ensuite la situation pôle par pôle. Selon lui, la baisse de 4 % du chiffre d’affaires du pôle IAA est « une bonne nouvelle, dans un contexte où le panier moyen des consommateurs a diminué : notre outil aval a su résister ». En outre, le résultat de ce pôle est en hausse (à 9,2 M€, contre 3,5 M€ en 2008), reflet notamment du redressement de Gastronome. «  Et pourtant, ce n’est pas un marché facile. Gastronome et Élivia sont numéros deux sur leurs marchés respectifs. »
Le chiffre d’affaires du pôle filières végétales et distribution spécialisée ne varie que d’1 %, mais avec des situations contrastées entre ses différentes branches (la pépinière ornementale connaît des difficultés en ces temps de crise). Logiquement, avec la baisse des prix des matières premières et du lait, c’est le chiffre d’affaires du pôle “production animales et grandes cultures” qui est le plus en recul cette année (- 21 %).
Ces baisses de chiffres d’affaires et les aides distribuées aux adhérents n’ont pas affecté les grands équilibres financiers de la coopérative.
«  On a réagi en prenant des mesures de bon sens, en restructurant nos stocks, en adoptant une gestion saine de la trésorerie. On aborde l’avenir avec un taux d’endettement équivalent à la situation antérieure. »

« Un aval fort va soutenir l’amont »
L’avenir, selon Terrena, n’est pas forcément sombre. Alain Guillemin et Hubert Garaud voient au contraire, « des raisons d’espérer », et vont continuer d’agir. D’une part, auprès des pouvoirs publics, pour leur rappeler que l’agriculture a besoin d’une Pac forte ; d’autre part, « comme on ne peut pas tout attendre de l’extérieur », en interne, via plusieurs leviers :
l’accompagnement des adhérents vers la performance économique, l’innovation agricole, la création de valeur autour des produits (avec des segmentations, produits de masse, produits santé, produits du coin…). Et bien sûr, des acquisitions ou des alliances stratégiques, comme ce fut le cas avec la création de Laïta, « parce que notre priorité, c’est l’amont, et qu’un aval fort va soutenir l’amont ». Le projet de reprise de quatre sites de Bigard dans l’Est de la France (encore soumis à l’accord de la DGCCRF et à l’agrément du ministère) va dans ce sens.

Catherine Perrot

Ter’élevage

Pérenniser et améliorer les résultats des adhérents

« Pour l’élevage bovin, 2009 restera une année mo­rose », observe Joël Merceron, directeur de Ter’élevage (regroupant les coopératifs Terrena, Normandie Bovins, Arco-Gibev, Gerap, Teldis). Mardi dernier, le groupement de coopératives tenait son assemblée générale à
Saint-Aubin des Châteaux (44). « Les contrecoups de la crise économique généralisée sont visibles en terme de consommation. On remarque une reconfiguration des achats des ménages vers des morceaux moins nobles ». Et ce ne sont pas les attaques répétées contre la production de viande, accusée de tous les maux depuis le sommet de Copenhague, qui vont améliorer la situation. Du coup, côté producteurs, il y a des raisons de s’inquiéter. « Outre l’impact financier sur les bilans des exploitations, il ne faut pas oublier les dégâts sur le moral des producteurs », explique Christophe Godet, président de Ter’élevage. « Le manque de visibilité rend difficiles les décisions sur l’avenir, notamment sur les investissements à réaliser. »
Dans un contexte de dérégulation des marchés, entraînant une forte volatilité des prix, Ter’élevage poursuit le développement de dispositifs visant à atténuer ces variations de prix en “sécurisant la production” des éleveurs. « Le contrat à objectifs partagés (Cop) Nouvelinvestisseur est une réponse aux engraisseurs qui choisissent d’investir en développant leur production. La caisse de sécurisation, allongée à dix ans, apporte la sérénité nécessaire à tout projet. Pour les éleveurs en phase de croisière, les contrats spot à prix mini sont autant de filets de sécurité dans les phases de conjoncture incertaine. Avec l’appui de la coopérative Terrena et de la filière Élivia, notre objectif est d’atteindre rapidement un tiers de la production de jeunes bovins contractualisée. »
Ter’élevage mise aussi sur la démarcation de sa production avec les démarches qualité, ou encore sa marque D’Anvial, source de valeur ajoutée. « La conduite des animaux D’Anvial (150 éleveurs engagés, 2 350 bovins commercialisés, 1 722 agneaux) est basée sur une
alimentation qui intègre entre 5 et 10 % de végétaux riches en Oméga 3. L’émergence de nouveaux débats médiatiques sur l’élevage des bovins nous rappelle que le consommateur veut en savoir plus sur ce qu’il mange. D’Anvial nous permet d’afficher le véritable portrait de notre filière. »
Une démarche qui correspond à la vision de Vincent Chatellier, ingénieur de recherche et économiste à l’Inra de Nantes, invité à l’assemblée générale de Ter’élevage. « Les éleveurs doivent prendre conscience que l’Europe les soutiendra s’ils répondent aux attentes de la société, qui est toujours plus exigeante sur la qualité des produits et la préservation de l'environnement. »

GUILLAUME DE WERBIER

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