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Arboriculture
Résigné, il renonce à produire des cerises sur son verger

A Brain-sur-l'Authion, il reste peu de fruits à cueillir sur les cerisiers de l'EARL de la Porée.

Avec les gelées du mois d'avril, certains cerisiers n'ont pas un seul fruit...

Déjà 2 semaines que la cueillette des cerises a débuté à l'EARL de la Porée à Brain-sur-l'Authion. Aujourd'hui,  sur les 9 ha de vergers, entre 3 et 4 ha sont consacrés à des cerisiers. L'exploitation produit aussi des pêches, des prunes, des brugnons, des pêches de semence. "Cet hiver, j'ai arraché 2 hectares de cerisiers", explique l'agriculteur Jean-François Troulé. Et les surfaces vont encore réduire dans les années à venir. La cause ? La drosophila suzukii. Cette mouche originaire d’Asie est présente en France depuis 2009.
 

La mouche, tueuse de cerises
L'insecte pond ses larves dans les fruits mûrs, accélérant leur décomposition. Cette mouche inquiète non seulement par son potentiel invasif mais aussi par son goût prononcé pour une large variété d’espèces (cerises, fraises, framboises, mûres, cassis, myrtilles, abricots, pêches, mais aussi figues, tomates et raisins….). "Avant 2016, j'arrivais à limiter les dégâts". Mais le retrait du principal moyen de lutte, le diméthoate en février 2016 a mis à mal la production du verger. "En temps normal, la cueillette dure 6 semaines. Mais avec la mouche tueuse de cerise, on est obligé d'arrêter de cueillir. Ca sent le vinaigre dans le verger". Depuis 2016, les rendements sont passés de 10 à 20 t./ha à 1,5 à 2 t/ha. Face à une impasse technique, l'arboriculteur jette l'éponge. Il a décidé de ne maintenir que 0,5 ha en cueillette libre. "C'est difficile de renoncer à une production...", souligne l'agriculteur. Selon lui, le seul moyen de lutte efficace serait la mise en place de filets anti-insectes. "Ils ont des maille très fines. Il faut les installer au moment où les fruits sont au stade sensible." Mais la mise en place est onéreuse : environ 50 000 euros/ha et demande de la main-d'œuvre...
Cette année, l'insecte ravageur n'est pas la seule cause des mauvais rendements de la production de cerises de l'EARL. Les gelées du mois d'avril ne l'ont pas épargnée. "Certaines variétés ont gelé à 100 % comme la folfer ou la Summit... Sinon, il reste quelques cerises en haut des arbres", constate l'arboriculteur qui ne dispose d'aucun moyen de protection contre le gel. "Cela fait 3 années de suite qu'on constate des dégâts de gel."
Adhérent à la coopérative des Vergers d'Anjou, cette année encore, l'arboriculteur ne pourra pas les livrer. Toutes les cerises (du moins le peu qu'il reste) sont commercialisées en vente directe ou en cueillette sur l'exploitation.

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