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Dossier lait
S’asseoir sur Un système confortable

Bien vivre son métier d’éleveur passe par être satisfait de son travail. Depuis son installation, Jean-Pierre Morille a surtout travaillé à organiser son entreprise dans ce sens.

Pour produire sereinement sa référence de 520 000 l, Jean-Pierre Morille a progressivement modernisé l’atelier grâce à différentes nouvelles technologies, du robot à la génomique, en passant par le suivi de troupeau sur smartphone.
Pour produire sereinement sa référence de 520 000 l, Jean-Pierre Morille a progressivement modernisé l’atelier grâce à différentes nouvelles technologies, du robot à la génomique, en passant par le suivi de troupeau sur smartphone.
© AA

Mon objectif personnel ? Produire la référence de mon élevage dans les meilleures conditions et en y passant le moins de temps possible.” Installé en 2007 sur l’entreprise familiale, Jean-Pierre Morille a consacré ses premières années de chef d’entreprise à maîtriser le temps de travail nécessaire au bon fonctionnement de son élevage. Pour alléger l’astreinte quotidienne, il a misé sur les nouvelles technologies et l’automatisme. Depuis 1998, les jeunes veaux de l’élevage sont nourris au distributeur automatique de lait et dès 2007, le troupeau des femelles en production voit arriver un racleur automatique dans son couloir d’exercice. Dans la continuité, en 2009, un automate de traite est installé au cœur du bâtiment. Le 3 juin, dans le cadre d’Innov’action, la Chambre d’agriculture a organisé une journée consacrée à l’élevage laitier. Pour présenter les outils qui peuvent aider les producteurs à bien vivre leur métier, les organisateurs ont notamment utilisé ceux mis en œuvre à l’EARL Morille.

Cohérence par rapport à ses propres objectifs

Au-delà de l’aspect économique, choisir entre un robot et une salle de traite pour moderniser son installation doit se faire en fonction des objectifs de l’élevage. Par exemple, dans le cas d’un couple ou une personne seule sur l’exploitation, pour se libérer des jours, il peut être préférable d’opter pour la salle traditionnelle et faire appel à de la main d’œuvre salariée. “Ça sécurise le travail”, explique Jean-Claude Huchon, conseiller de la Chambre d’agriculture 44. En revanche, “pour se libérer du temps et avoir de la souplesse par rapport à l’astreinte au quotidien”, la solution robot est beaucoup plus évidente. Reste à faire en sorte que le système fonctionne correctement. “Ceux qui se sentent bien avec le robot sont des éleveurs dans l’âme, constate Jean-Claude Huchon. Ils connaissent parfaitement leurs animaux et voient tout de suite en entrant dans le bâtiment où en est le troupeau et s’il y a un comportement anormal.” Avec
une soixantaine de vaches traites  qui vont “toutes seules  au robot, l’éleveur ici passe trois fois un quart d’heure par jour au robot”, pour moins de 4 heures d’astreinte totale par jour. L’EARL Morille illustre aussi que robot et pâturage sont compatibles puisque l’élevage valorise une surface d’herbe accessible de 10 ha, divisée en petits paddocks pour respecter les temps de repousse.
Bien que le robot soit un emblème évident, pour l’éleveur, la réduction de l’astreinte s’est vraiment faite “grâce à la somme de tous les équipements.“  Dernier en date : l’aide à la détection des chaleurs. “Peut-être le meilleur rapport temps gagné sur investissement”, poursuit Jean-Pierre Morille, qui a trouvé là un équipement lui permettant de réduire le temps passé à la surveillance des chaleurs tout en répondant à son objectif de ne plus réformer à cause de ce critère pour limiter le nombre de nouvelles vaches à habituer au robot. “Ici, l’éleveur est très satisfait.” Mais encore une fois, “c’est à chacun de décider d’investir ou non. Par exemple,  des bonnes persistances de lactaction nuancent les conséquences économiques d’une moins bonne détection des chaleurs”, illustre Jean-Michel Lamy (ferme des Trinotières).

Une réussite

“Nous avons réussi à mettre en place une bonne organisation du travail. Nous avons le temps de tout faire et faire un travail de qualité. Je suis content lorsque j’ai des projets et des défis à relever, reprend l’éleveur. Avec la sélection génomique que j’utilise depuis trois ans, j’espère encore gagner du temps dans les années à venir, en réduisant le nombre de génisses à élever et introduire au robot.”  Il entend aussi désormais se consacrer à d’autres évolutions en allant vers l’autonomie protéique, avec une révision de son système fourrager.

Ronan Lombard

A decouvrir dans l'Anjou agricole du 6 juin, un dossier spécial "Lait" :


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