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Sauver le système de retraite français

En assemblée générale, les délégués de la MSA se sont penchés sur le thème des retraites.

Plus de 300 délégués participaient vendredi 6 juin à l’assemblée générale de la caisse locale de MSA.
Plus de 300 délégués participaient vendredi 6 juin à l’assemblée générale de la caisse locale de MSA.
© AA

La MSA de Maine-et-Loire, en assemblée générale vendredi 6 juin, a redit son attachement au système de retraites par répar-tition, comme l’expliquait la semaine dernière, dans les colonnes de l’Anjou agricole, sa présidente Roselyne Besnard. Mais comment faire pour sauver ce système à la française que tant de pays nous envient ? François-Xavier Merrien, professeur en sciences sociales à l’université de Lausanne, a apporté quelques éléments de réflexion aux 300 délégués réunis à Angers. Il a réalisé un tour du monde de la protection sociale. Premier constat : « De l’extérieur, la France a un système de retraite rêvé. Mais de plus en plus difficile à financer ». On le sait, le financement des retraites repose sur une couche de plus en plus étroite d’actifs.

Capitalisation

La France est en queue de peloton pour le taux d’activité des jeunes (30 %) et des seniors (37 %, contre 69 % en Suède par exemple, ou plus encore au Japon). Seul curseur positif : « Elle est le seul pays des 25 à avoir réussi à stabi-liser le niveau des naissances ». Alors, que faut-il penser de la capitalisation ? « Il peut être utile d’introduire un peu de capitali-sation, avance le chercheur, mais l’expérience d’un certain nombre de pays qui ont suivi cette voie incite à la prudence ». Aux États-Unis, qui, contrairement aux idées reçues, ont un système de retraite de base, certes faible, l’effron- drement des fonds de pensions suite à la crise des subprimes a des conséquences dramatiques. « Beaucoup d’Américains savent qu’ils vont devoir travailler jusqu’à 70, 72, 75 ans et plus ». Pour l’universitaire, la France pourrait toutefois s’inspirer de recettes éprouvées chez certains voisins européens.

Faire cotiser les étudiants

« Puisque l’assiette de cotisation est trop étroite, faisons faire cotiser les étudiants, sur la base d’une cotisation forfaitaire basse, propose-t-il. Cela se pratique déjà dans les pays nordiques et en Suisse ». Il propose également de faire en sorte que les gens restent plus longtemps dans l’emploi : « C’est possible. Des pays comme les Pays-Bas ont réussi à augmenter le taux d’emploi des seniors. C’est vers ce genre de solutions de fond qu’il faut s’orienter », a plaidé François-Xavier Merrien, qui préconise aussi de renforcer le financement fiscal. Quant aux réformes réalisées jusqu’ici, il observe qu’ « elles ont pour but principal d’équilibrer les dépenses et les recettes, avec comme résultat une détérioration constante du montant de la pension de retraite ».

S.H.

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