Aller au contenu principal

Taxe Trump sur le vin : les vignerons angevins pénalisés

Les États-Unis représentent 27 % du chiffre d’affaires export des vins du Val de Loire. La taxe Trump a plombé un marché export pourtant dynamique. Témoignage de vignerons angevins concernés.

Au Domaine du Petit clocher, l’export représente 20 % du chiffre d’affaires.
Au Domaine du Petit clocher, l’export représente 20 % du chiffre d’affaires.
© AA

Cela fait plus 10 ans que le domaine du Petit clocher exporte  leurs vins aux États-Unis. Essentiellement de l’Anjou rouge, de l’Anjou blanc et du rosé d’Anjou. « Ce marché représente 25 % de notre chiffre d’affaires export », explique Vincent Denis, un des
3 associés du domaine au Cléré-sur-Layon. « Il y a une forte demande de la part des américains. Les vins en Val de Loire sont appréciés pour leur fraîcheur. Ils sortent des standards des vins français déjà connus. » Mais fin 2019, l’instauration de la taxe Trump - 25 % de droit de douane - a freiné les ventes des vignerons. « Pourtant, ce marché se développait bien. En 2019, il représentait un tiers de nos ventes à l’export. Depuis la mise en place de la taxe, nos 8 ou 9 clients ont commandé les mêmes références que les autres années mais en moins grande quantité. » Pour accompagner ses clients, le domaine a fait des remises de 5 %, offert des dégustations... « Mais on ne peut pas se permettre de prendre à notre charge la totalité des frais supplémentaires... »
De nombreux
intermédiaires
Le système de commercialisation du vin aux états-Unis est particulier. Le produit doit passer par trois agents (importateur / distributeur / détaillant) pour arriver du vignoble au consommateur final. Ces trois échelons sont inévitables. Résultat : « depuis la taxe
Trump, le prix du vin français a été multiplié par 1,8 auprès des consommateurs ».
L’extension de la taxe aux vins en vrac, vins de plus de 14 degrés et spiritueux à base de vin depuis le 12 janvier sera un nouveau coup dur pour les vignerons. « 2 de nos vins que nous exportions bien vont maintenant être taxés... » Un Anjou blanc et un Anjou villages millésime 2018.
Vincent Denis demeure  optimiste : « avec l’élection de Joe Biden, on va revenir à la normale. Même si ce n’est pas pour tout de suite... »
à Saint-Just-sur-Dive, le domaine Arnaud Lambert exporte 45 % de sa production. 55 % est destiné aux états-Unis. « à l’annonce de la taxe, nos clients ont fait des commandes très importantes avant qu’elle ne soit appliquée », note Géraldine Lambert, responsable commercial du domaine bio. à partir de janvier 2020, les commandes se sont ralenties. « Au global, sur l’année, les ventes se sont maintenues. Tout a ralenti en avril. Mais entre le Covid et la taxe, le marché est tellement mou qu’on ne sait pas à qui rejeter la faute... »
L’agent, l’importateur et le domaine ont pris à leur charge les frais supplémentaires liés à taxe. « Chacun un tiers. », précise la responsable commerciale. Et de rappeler : « Nos prix à l’export sont beaucoup moins élevés que des vins de Bourgogne par exemple. On reste sur des prix abordables pour les clients. » L’extension de la taxe n’inquiète pas outre mesure le domaine. « Cela ne va concerner que quelques vins. » Le domaine Arnaud Lambert attend aussi une suppression de cette taxe « pour remettre nos prix classiques. »

Les États-Unis, premier marché export des vins du Val de Loire


Les Etats-Unis est le premier marché export des vins du Val de Loire. En octobre 2020, les Etats-Unis représentaient 27 % du chiffre d’affaire export, soit 21 % en volume. Mais ces chiffres 2020 sont en baisse par rapport à 2019. « Le chiffre d’affaires des exportations vers les USA a baissé de 22 %  par rapport à 2019. En volume, cela représente une baisse de 17 % par rapport à l’année précédente », note Anne-Sophie Lerouge, directrice de la communication d’InterLoire. Est-ce les effets de la taxe Trump ? « Sans doute. Mais c’est aussi dû à la faible récolte de 2019. » Le Royaume-Uni est le 2e marché du vignoble du Val de Loire. En octobre 2020, il représentait 17 % en valeur et 20 % en volume. « Ce marché est en progression d’année en année. Le Brexit ne devrait pas avoir d’impact négatif. » Aucune taxe douanière n’est à déplorer. « Le Brexit ne va engendrer que des formalités douanières supplémentaires. »

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Anjou Agricole.

Les plus lus

La récolte du colza à La Fosse de Tigné, lundi 15 juin. 
Un mois d'avance pour le colza
La récolte des céréales a débuté dans le Maine-et-Loire, avec un mois d'avance pour le colza.
Éleveur
et footballeur
Entre gestion de l'exploitation agricole, engagements collectifs, vie de famille, pas toujours facile de trouver du temps pour la…
Jean-Charles et Bertrand Martineau devant leur presse. Les huiles et les tourteaux sont commercialisés en local.
Les huiles maison
des frères Martineau
Bertrand et Jean-Charles Martineau se sont lancés dans le pressage du tournesol et du colza, sur la ferme familiale de Chambourg…
Joël Roncin, président du syndicat de bassin de l'Oudon, Samuel Legrais, de l'association Sylvagraire, et Aurélien Gernigon.
Aurélien Gernigon a planté 1 150 m de haies 
Éleveur allaitant à Challain-la- Potherie, Aurélien Gernigon a bénéficié du soutien du syndicat de bassin de l'Oudon pour planter…
Hervé Lallaouret a fait construire une serre agrivoltaïque maraîchère de près de 4 ha. À droite, l'agriculteur charentais Johan Bernardin, qui l'a épaulé dans son projet.
Une serre agrivoltaïque qui sécurise la production
La première serre agrivoltaïque construite en Maine-et-Loire par l'énergéticien Reden est entrée en production en février, à…
L'assemblée générale des anciens exploitants a rassemblé 120 personnes, sur les thèmes de la santé et de la grand-parentalité.
Soutenir les victimes de maladies professionnelles

L'AG de la Section des anciens exploitants de la FDSEA s'est tenue mardi 2 juin à Segré en Anjou Bleu. Un rendez-vous axé sur…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 205€/an
Liste à puce
Consulter l'édition du journal l'Anjou agricole au format papier et numérique
Accédez à tous les articles du site l'Anjou agricole
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter d'actualités
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois