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Élevage
Toutes les productions animales confrontées à des difficultés économiques

En dépit des crises qu’elle traverse, l’agriculture veut pouvoir répondre aux évolutions alimentaires et aux attentes des consommateurs et des citoyens.

Alain Denieulle président du GIE 49, est intervenu lors de l’assemblée 
générale, vendredi dernier, à la Maison de l’agriculture.
Alain Denieulle président du GIE 49, est intervenu lors de l’assemblée
générale, vendredi dernier, à la Maison de l’agriculture.
© AA

2009, une année compliquée pour la filière élevage », commentait Alain Denieulle à l’occasion de l’assemblée générale du GIE, vendredi dernier, à la Maison de l’agriculture. Car quelle production peut se dire épargnée par la crise ? L’aviculture, qui s’en sort le moins mal, réussit tout juste à maintenir ses revenus (voir ci-après). Ainsi peut-on dire que toutes les productions ont essuyé, et pour certaines d’entre elles de façon récurrente, les revers d’une conjoncture difficile.

En cause, les prix à la production, toujours en totale inadéquation avec les coûts de production. « S’ils ont un peu diminué, cela ne suffit pas pour assurer les revenus », souligne Alain Denieulle. Qu’on en juge : la production laitière essuie une dégradation de 54 % du revenu par rapport à 2008 et un prix du lait en baisse de 18 % ; troisième année difficile pour la filière porcine qui - baisse du prix de l’aliment aidant - obtient un résultat proche de l’équilibre, sans pour autant rattraper les pertes subies. 

« La distorsion de concurrence entre bassins de production reste un des éléments essentiels, indique Gérard Vieil. Les pouvoirs publics ont un rôle à jouer en la matière ». Coût de production élevé et prix stables pour les lapins ce qui entraîne l’arrêt de bon nombre d’élevages ; des revenus en viande bovine toujours à la traîne avec, qui plus est, l’impact de la FCO et des réformes laitières ; une filière caprine confrontée à une tension sur les prix. Quant à la production ovine, elle bénéficie du rééquilibrage de la Pac, ce qui devrait donner plus de lisibilité à ses producteurs. Pour l’apiculture, la mortalité des abeilles reste importante et la production ne suffit pas à répondre à la demande française.

Sombre tableau face auquel on tente de trouver des pistes, des orientations. C’était l’objet de l’intervention de Pierre-Yves Amprou, de la Chambre d'agriculture sur les tendances et évolutions en matière d’alimentation des Français. 

 

Répondre aux enjeux

L’assiette des Français a-t-elle changé ? Oui, à en croire l’évolution des achats. Même si la crise de 2008 a ramené le consommateur vers des produits plus basiques – mais aussi vers les hard discount – la tendance reste à l’achat de produits élaborés où la part agricole tient une place de moins en moins grande. S’ajoutent à cela des préoccupations d’ordre nutritionnel, pour la partie de la population qui a les moyens de s’intéresser aux alicaments par exemple. Pour une autre partie, c’est en terme de prévention de l’obésité qu’il convient de réfléchir. À prendre en compte aussi différents lobbies, comme les anti-viande, et les exigences croissantes du citoyen en matière d’environnement, quitte à ce que ce dernier soit frappé d’amnésie subite au moment du passage à l’acte d’achat. Pierre-Yves Amprou souligne en effet que, bonne résolution ou pas, le caddy du consommateur reste sensible à des impulsions, aux prix et aux promotions. L’exigence n’exclut pas le paradoxe. Au risque de l’incohérence. Des tendances se confirment - le bio connaît une croissance à deux chiffres – ou demandent à l’être, comme la restauration collective par les circuits courts, comme l’a souligné Isabelle Le Bailleur, du Cravi. L’agriculture, avec sa formidable capacité d’adaptation, devrait être capable de répondre à ces enjeux. Mais elle ne pourra le faire qu’accompagnée d’orientations politiques fortes, telles que la LMA et une prochaine et véritable politique agricole et alimentaire commune et attachée au territoire.  

m. l.r.


GIE

Les actions en 2010

Charte des bonnes pratiques : le dispositif fêtera ses 10 ans cette année. Plus de 14 000 exploitations bovines sont engagées dans la démarche. Le travail reste important sur 2010, mais les moyens financiers risquent de faire défaut.

Bâtiments d’élevage : approche financière de l’investissement de bâtiments vaches allaitantes, JB, vaches laitières et blocs de traite. Et travail de communication auprès des éleveurs

Filière apicole : plan d’aide au développement et poursuite du plan de lutte contre la varroase et des projets de formation.


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