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TVR49 : une nouvelle ère
avec Édouard Berg

Depuis sa reprise par Édouard Berg il y a 3 ans, TVR49 Anjou Viandes entre dans une nouvelle ère. À Doué-en-Anjou, ce prestataire spécialisé dans la transformation pour le compte des éleveurs mise sur une offre intégrale et personnalisée. Entre modernisation des locaux, diversification des produits et volonté de reconquête territoriale, le nouveau directeur insuffle un dynamisme renouvelé à cette structure, au service d'une filière en pleine mutation.

Depuis son bureau de Doué-en-Anjou, Edouard Berg jette un regard serein sur un parcours pour le moins atypique. À 38 ans, le directeur et associé de TVR49 Anjou Viandes a opéré une reconversion à 360°. Ancien commercial dans le secteur des imprimantes 3D, ce passionné de gastronomie a tout plaqué pour passer un CAP-CQP boucher. Après avoir dirigé une boutique dans le 17e arrondissement de Paris puis un groupe de boucheries, « je voulais me rapprocher de l'élevage », confie celui qui est petit-fils d'éleveurs dans la Vienne.

L'opportunité s'est présentée via le groupe Diego, expert de la découpe industrielle, qui a racheté TVR49. Pour piloter cette unité, Edouard Berg s'appuie sur « une super équipe », comptant notamment sur « un noyau dur avec pas mal d'expérience ». L'effectif de 23 personnes (bouchers, chauffeurs, agents de conditionnement, administratifs) se caractérise par une grande polyvalence. Ici, le dépassement de fonction est la norme : un chauffeur peut ainsi prêter main-forte à l'emballage en fin de semaine pour garantir la fluidité des flux.

Une offre clé en main

Le modèle économique de TVR49 est singulier et transparent : l'entreprise est un pur prestataire de services pour ses 2 000 clients, tous éleveurs. La force de la structure réside dans la prise en charge totale de la logistique. TVR49 vient chercher l'animal vif à la ferme, assure le transport vers plusieurs abattoirs de proximité, récupère les carcasses et assure la découpe, la transformation, le colisage et la livraison finale à l'éleveur. Pour orchestrer ce ballet, l'entreprise dispose de 3 gros-porteurs (2 bétaillères et un frigo) et de 4 véhicules légers frigorifiques. En moyenne, pour un gros bovin, la prestation est facturée aux alentours de 3 €/kg. Si quelques clients sont très réguliers, près de 60 % d'entre eux ne traitent que quelques bêtes par an.

L'entreprise s'adapte aux nouvelles habitudes de consommation. Si les colis de 5, 10, 15 ou 20 kg restent la base, la demande pour la vente au détail augmente, observe le directeur, qui note également une réduction du poids des colis. Les formats dépassant 10 kg se raréfient, car à 15 €/kg en moyenne pour un colis mixte, cela représente des montants plus faibles à débourser pour le consommateur final, "quitte à ce qu'il commande plus souvent".

Accompagner l'élevage face aux mutations du marché

Malgré deux premières années dynamiques, TVR49 traverse une période plus complexe depuis un an, marquée par la décapitalisation du cheptel et la hausse du prix de la viande. « Certains, dans ces conditions ne s'embêtent plus à faire des colis », regrette Edouard Berg. Pour contrer cette tendance, l'entreprise mise sur une communication proactive et un rajeunissement de son image. Sa présence sur le dernier Ferme Expo de Tours a été concluante : « on a pu voir nos clients, et franchement on a eu que des bons retours ». Des participations au Festi'Élevage de Chemillé ou aux 4 Jours du Mans sont d'ailleurs à l'étude. La stratégie de développement passe en effet par un recentrage géographique sur le Maine-et-Loire (notamment les Mauges), la Touraine, la Vienne et la Sarthe, ainsi qu'une diversification de l'offre. Aux côtés des pièces traditionnelles, TVR 49 propose la fabrication de saucisses, merguez, steaks hachés, paupiettes de veau, bœuf cuit, bolognaise, rillettes de bœuf, etc. À moyen terme, la transformation porcine est également envisagée.

Au-delà de la technique, c'est l'engagement humain qui porte le projet. L'été 2025 a marqué une étape importante avec l'extension des bâtiments pour l'administratif, bientôt suivie d'une refonte des vestiaires. « Offrir à nos salariés une certaine qualité de vie au travail est l'une de mes priorités », souligne le dirigeant pour qui l'essentiel est de « travailler avec des gens qui ont envie et qui sont dévoués. C'est un état d'esprit », avec pour boussole de « servir la cause agricole, du champ à l'assiette ».

En 2025, TVR49 a transformé 700 tonnes de viande (1 400 gros bovins, 500 veaux et 100 agneaux). Un volume qui témoigne de la vitalité de la vente directe, malgré les vents contraires. « Moi je crois vraiment à la vente directe, mais il faut que les éleveurs arrivent à augmenter leur prix, et nous pouvons accompagner ceux qui le souhaitent pour leur donner les outils qui leur permettront de communiquer auprès de leur clientèle, conclut-il, rappelant que les éleveurs en vente directe sont des passionnés. C'est un plaisir de travailler leurs produits ! ».

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