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Viande bovine
Ultime mise en garde aux abattoirs et à la distribution

La pression exercée depuis plusieurs semaines par les éleveurs auprès des différents opérateurs de la filière s’intensifie. Des actions ont eu lieu (dans la région) devant les abattoirs.

Plus de 150 producteurs se sont rassemblés lundi soir devant l’abattoir Charal à Cholet. Cette mobilisation rapide et réactive au cours du week-end, montre l’exaspération des producteurs mais aussi leur volonté de ne pas céder sur leur principale revendication, la hausse de leurs prix à la production.
Parmi eux, quelques éleveurs de Vendée et de Loire-Atlantique accompagnés de Mickaël Trichet, responsable viande de la FNSEA 44 et de Joël Limouzin, président de la FRSEA des Pays de la Loire et de la FDSEA de Vendée venus en voisin soutenir les producteurs de viande bovine mais aussi de porcs et de volailles. Le président de la FRSEA a rappelé le long combat syndical de ces productions depuis fin août. « Ceux qui comptent sur un essoufflement du mouvement des éleveurs vont en être pour leurs frais, les producteurs de viande, rouge ou blanche, sont au bout du rouleau sur leurs exploitations. Nous continuerons le harcèlement des grandes surfaces et des transformateurs jusqu’à Noël s’il le faut. Nous avons besoin, pour vivre de notre métier, de quelques dizaines de centimes d’euro de plus par kilo. Nous irons les chercher par la détermination syndicale et nous les obtiendrons » a-t-il affirmé.
Frédéric Vincent, président de JA 49, a dénoncé pour sa part le discours sur la compétitivité : «  Nos acheteurs et les pouvoirs publics ne cessent de nous demander d’être plus compétitifs. Nous avons déjà écrasé nos charges au maximum, c’est désormais le produit qui doit être augmenté, d’autant plus que les coûts d’alimentation viennent d’exploser cette année ».
Il faut rappeler que les producteurs multiplient les actions depuis fin août pour sensibiliser l’opinion publique et les pouvoirs publics et faire avancer auprès de leurs “partenaires” leurs légitimes revendications. Rencontres avec les préfets, actions dans la distribution (aujourd’hui encore des opérations de stickage ont lieu dans plusieurs enseignes de distribution à Angers, Baugé, Cholet et Segré et dans les autres départements), pression sur les cotations de marchés et “entrée-abattoir” et enfin, actions devant les abattoirs (à Évron la semaine dernière, à Sablé dimanche et donc à Cholet lundi).
À Cholet, la discussion ferme avec les représentants de l’abattoir n’a débouché sur aucune avancée, ceux-ci considérant qu’ils ne peuvent rien faire face à la distribution et que le marché, c’est le marché.
Mickaël Bazantay président de la section bovine de la FDSEA a conclu l’action par un ultimatum : «Les producteurs n’ont plus le choix, vu le  désengagement des pouvoirs publics, la  seule solution est une amélioration du prix à la production. L’action de ce soir est l’ultime avertissement aux décideurs de nos prix, la grande distribution mais aussi les abatteurs. Votre présence massive montre que vous n’accepterez pas de subir plus longtemps leur diktat, j’espère qu’ils l’auront compris et je compte sur votre mobilisation dans les jours qui viennent pour les faire céder ».
Selon les échos de terrain, la FDSEA pressent la montée en puissance d’actions locales tant dans la distribution que devant les abattoirs.

Sylvain Daury

FRSEA-JA Pays de la Loire

Une lettre à la grande distribution

Dans une lettre envoyée le 14 octobre aux centrales d’achats de la région, la Frsea et Jeunes agriculteurs réaffirment leur demande : la nécessité d’une revalorisation des prix à la production pour toutes les viandes : 12,5 centimes d’euro par kilo de plus pour la volaille, 18 cts pour le lapin, 20 cts pour le porc et 60 cts pour la viande bovine. Suite aux actions de stickage menées depuis cinq semaines, « certaines enseignes auraient fait un premier pas en acceptant des hausses minimes alors que d’autres s’arqueboutent sur leur position de non revalorisation. La raison de cette attitude : le pouvoir d’achat du consommateur. Cette excuse n’est plus  recevable. Depuis juillet 2008, l’ensemble des prix à la production et à la transformation n’a cessé de diminuer alors que les prix pour le consommateur sont restés au même niveau. Le prétexte du pouvoir d’achat du citoyen apparaît plus comme une stratégie de  communication de votre part que comme l’une de vos véritables préoccupations », dénoncent les responsables de la Frsea et de JA.

Céline Joly - Frsea

Cotation Ouest

Une augmentation validée mardi

Dans la lignée des actions déjà menées depuis deux semaines, les éleveurs se sont invités aux commissions de  cotation. Pour la cotation Ouest qui se déroule à Angers le mardi matin,  une délégation de 10 éleveurs des Deux-Sèvres ont soutenu les représentants de la FRSEA au sein de la cotation. Suite au blocage de la cotation du 12 octobre, au vu du désaccord entre vendeur et acheteur, les éleveurs ont été accueillis par quatre personnes de France Agrimer. Alain Denieulle, représentant de la Frsea à la cotation, explique : « Après une présentation par Fam du rôle et du fonctionnement des cotations, nous les avons interpellés afin d’obtenir une augmentation significative des cours, indispensable pour la rémunération des éleveurs ». À l’issue des échanges entre les représentants des différents collèges, la cotation Ouest a validé une augmentation des cours de 2 à 4 centimes en moyenne. Concernant la cotation de Limoges, cette dernière s’est clôturée avec une augmentation de 4 centimes sur les jeunes bovins. Reste maintenant à vérifier que ces augmentations soient appliquées sur le terrain. Les éleveurs ont d’ores et déjà donné rendez-vous aux membres de la cotation pour la semaine prochaine.

Anne Claire Augereau - Frsea   PC

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