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Élevage 
Un mélange à base de moha
pour renflouer son stock fourrager 

Éleveur allaitant à Val d'Erdre Auxence (La Cornuaille), Raphaël Orhon a fait semer une parcelle en couvert estival pour tenter de pallier en partie au manque de fourrage.

"Je tente le coup, sur 3 hectares et demi seulement pour ne pas prendre trop de risque financièrement. On ne sait pas du tout ce que ça va donner". Lundi 20 juillet, Raphaël Orhon a fait semer un mélange de moha (50 %), vesce velue (30%) et trèfle d'Alexandrie (20 %) dans une parcelle moissonnée en triticale début juillet. À l'origine, c'est un mélange gélif de radis et moutarde, uniquement pour nourrir le sol, que l'agriculteur prévoyait d'implanter sur cette parcelle, entre deux céréales à paille. Mais en cette année de sécheresse, il faut aussi prioriser l'alimentation animale. "J'ai préféré essayer d'assurer une récolte de mélange fourrager de soudure, explique-t-il. Il est prévu qu'il soit fauché à la mi-octobre pour être distribué aux animaux en foin".

Des alternatives au manque de fourrage

C'est le manque de fourrage lié à la sécheresse et aux canicules qui a amené cet éleveur de charolaises à prendre cette décision de dernière minute. "Cela fait déjà 1 mois et demi que l'on nourrit les bêtes, soit 3 semaines plus tôt que d'habitude", décrit-il. Les récoltes d'herbe, certes convenables cette année, sont entamées. Quant aux maïs, non irrigués, ils souffrent de la chaleur et ne dépassent pas les 1,50 m. Il n'espère pas récolter plus de 5 à 6 t de MS/ha de ses 8,5 ha de maïs. Soit la moitié des rendements potentiels.

Un mieux pour le maïs avec la pluie 

Même si les 56 mm de pluie qui ont arrosé le secteur la semaine dernière, en deux fois, ont permis au maïs de "se refaire un peu" et aux premières poupées de sortir, le compte n'y sera pas. Quant aux moissons de céréales d'hiver, terminées au 3 juillet, elles ont donné seulement 55 q/ha en blé et en triticale. Cette année, l'agriculteur cherche des alternatives au manque de fourrage et il a déjà acheté 40 t de foin sur pied. 

Semis au semoir rapide 

Pour se semer le couvert fourrager, en ce début de semaine, Raphaël Orhon a fait appel à un voisin, Anthony Perrault, qui possède un semoir rapide, rendant le chantier plus économique. Le terrain avait été déchaumé le matin, et trois quarts d'heure ont suffi pour ensemencer la parcelle, qui devait être ensuite roulée dans la foulée. Le matériel, équipé de disques à l'arrière pour un travail superficiel du sol, sème sur une largeur de 7 m et avance à une vitesse de 12 km/heure.

La pluie de la semaine dernière a permis de rafraîchir et d'humidifier un peu le sol, une situation plutôt propice au semis. Sans compter le coût de la prestation, celui du déchaumage et du roulage, Raphaël Orhon aura dépensé un peu plus de 300 euros (90 euros/ha) en semences pour ce mélange semé à forte densité, à raison de 22 kg/ha. L'agriculteur espère que cet investissement n'aura pas été en vain.

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