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Productions végétales spécialisées
Un Sival sur fond de crise en productions fruits et légumes

Le Sival, un lieu pour trouver des solutions et des perspectives aux difficultés des fruits et légumes.

Bruno Dupont, président de la fédération national des producteurs de fruits, parle désormais d’exploitations “en survie” et s’interroge sur leur pérennité.
Bruno Dupont, président de la fédération national des producteurs de fruits, parle désormais d’exploitations “en survie” et s’interroge sur leur pérennité.
© AA

C’est dans un contexte de productions en crise que s’est ouvert, ce mardi, le Sival, auquel s’ajoute cette année Événements Fruits et Légumes. Une édition perturbée par les conditions  climatiques, qui a privé le Sival, pour son premier jour d’ouverture, d’une partie de ses visiteurs, notamment bretons. La tendance était beaucoup plus favorable, dès le mercredi matin, avec des files de visiteurs attendant, à l’entrée, d’avoir accès aux quelque 4 000 m2 de salon.
Ceci dit, les difficultés s’accumulent et perdurent pour les productions végétales spécialisées : - 75 % en trois ans pour les légumes indique Angélique Delahaye, présidente de Légumes de France, mardi matin, lors du point presse sur le stand de la FRSEA. – 50 % pour les arboriculteurs entre 2008 et 2009, précise Bruno Dupont, qui parle désormais d’exploitations « en survie » et s’interroge sur leur pérennité. Le président de la Fédération nationale des producteurs de fruits, également président du Sival, veut voir, dans ce salon, des pistes d’avenir, en matière d’innovation notamment. Cela étant, il réclame de l’État qu’il assure son rôle en matière d’emploi et d’export. En cause également, les distorsions énergétiques et réglementaires et les importations (voir page 9).
Le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, est venu apporter son soutien : « Il n’y a pas que l’élevage et les grandes cultures qui préoccupent la FNSEA ». C’était, pour le leader syndical, l’occasion de rappeler ce que le monde agricole attend du gouvernement et de son président qui, à Cholet, une semaine auparavant, en s’adressant aux “forces vives” du pays, n’a pas eu un mot sur le secteur agricole. Un silence qui résonne comme une faute aux oreilles des agriculteurs. Car, avec un million de travailleurs salariés, autant d’actifs chefs ou conjoints d’exploitation, l’agriculture est l’un des premiers employeurs du pays. Une population active atomisée, certes, mais bien réelle et dont le coût de main-d’œuvre est confronté à une concurrence intra et extra communautaire sans pareille. Quand on paie 12 € de l’heure en France, on paie 6 € en Allemagne et 9 € en Espagne, rappelle Angélique Delahaye. Le propos n’est pas de remettre en cause la politique sociale en France, mais bien de réclamer une harmonisation européenne qui s’aligne sur le système hexagonal.
Même revendication d’harmonisation en matière de réglementation sur les phytosanitaires par exemple. « Comment admettre qu’on laisse entrer en France des denrées agricoles produites dans des pays à la législation plus souple alors que nos propres productions sont soumises à une réglementation drastique et doivent faire l’impasse sur certains traitements », s’indigne encore la présidente de Légumes de France qui souhaite une meilleure valorisation, au sein de la filière, pour les productions d’origine française et appelle de ses vœux des rayons qui « donnent envie » de consommer des fruits et des légumes (voir encadré).
En attendant une harmonisation sociale et environnementale européenne, dont on assure, du bout des lèvres, qu’elle se fera un jour, les responsables professionnels demandent donc des compensations qui permettent de maintenir la compétitivité des exploitations françaises au même niveau de celles de leurs collègues européens. Au risque, sinon, de voir disparaître tout un pan de cette économie. Et les emplois.
Parallèlement, les mesures annoncées dans le plan de soutien, par le Président de la République, à Poligny, seront examinées à l’aune d’éléments tangibles. C’est le 21 janvier que la FNSEA en dressera le bilan, à l’appui des chiffres très précis relevés par son réseau dans l’ensemble des départements. Sur le milliards d’euros d’aides (aides à la trésorerie et aux consolidations de prêts), Jean- Michel Lemétayer demande d’une part que les enveloppes soient « fongicibles », mais aussi qu’elles soient abondées, le cas échéant. « Nous sommes un syndicat responsable Nous ne demanderons de rallonge qu’à l’appui de chiffres étayés ». Une aide qui se justifie pour l’ensemble des productions agricoles, toutes touchées par la crise, mais aussi « dans l’intérêt du pays », conclut Jean Michel Lemétayer.    m. l.-r

Evénements Fruits et Légumes

 

Inscrire Événements fruits et légumes au sein même du Sival a ceci de cohérent qu’il donne à la manifestation l’ampleur d’un salon pour l’ensemble des interlocuteurs de la filière.
Avec l’espace “C’est mon rayon”, les opérateurs et metteurs en marché, les chefs de rayon, y trouvent de quoi valoriser les productions agricoles. Pierre Michel Brenner est l’agent commercial en France de la firme allemande Kronen. L’entreprise a spécialisé une partie de ses fabrications pour la grande distribution : matériel de découpe et aménagement de labo au cœur même du rayon fruits et légumes pour proposer aux consommateurs, en direct, des fruits et légumes parés, découpés et présentés dans des barquettes quasiment prêtes à servir. Une façon d’animer le rayon fruits et légumes en lui donnant également une fonction “traiteur”. « C’est une activité qui n’intéresse pas l’industrie car elle ne concerne que de petits volumes ; de plus l’argument fraîcheur est primordial (la DLC est de 48 heures) », indique le commercial, démonstration à l’appui. Si la crise notamment a freiné quelque peu les investissements des grandes surfaces ou des détaillants, on enregistre d’ores et déjà une vente additionnelle allant de 5 à 12 % dans les magasins équipés, indique le commercial. « L’objectif, c’est de réconcilier les consommateurs avec la consommation de légumes frais en leur proposant du prêt à l’emploi en petites portions, pour un prix certes plus cher au kilo, mais sans perte ». Cible, les femmes actives, mais aussi, les retraités.

M. L.-R.

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