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Dossier bovins
Une conjoncture plus favorable pour les jeunes bovins

Interview de Mickaël Bazantay, responsable de la section viande bovine FDSEA et administrateur de la Fédération nationale bovine.

“Les cours des jeunes bovins sont intéressants. Même si le prix des céréales et l'ensemble des charges ont augmenté, en JB, on peut atteindre une situation d'équilibre”.
“Les cours des jeunes bovins sont intéressants. Même si le prix des céréales et l'ensemble des charges ont augmenté, en JB, on peut atteindre une situation d'équilibre”.
© AA

Les cours de certaines catégories d'animaux se redressent. Peut-on dire que ca va mieux en viande bovine ?
Mickaël Bazantay : aujour-d'hui, la conjoncture est plutôt favorable pour les jeunes bovins. Soyons réalistes et reconnaissons que les cours sont intéressants. Même si le prix des céréales et l'ensemble des charges ont augmenté, en JB, on peut atteindre une situation d'équilibre.
Il en va de même pour les femelles laitières. Là aussi, les cours se sont améliorés, même si, depuis quinze jours, on sent un fléchissement qui s'explique par la vente de vaches une fois les semis terminés.

C'est toujours sur le secteur allaitant que les prix peinent ?
Pour les femelles de type allaitant, effectivement, on a vu les cours augmenter, mais légèrement. Et plus la catégorie est dite de qualité, moins la hausse a été palpable. C'est un vrai souci, ce problème de valorisation des femelles car il en va de l'avenir du cheptel allaitant.

Comment expliquer cette différence de prix ?
Les cours s'expliquent par la raréfaction de la marchandise. Les outils industriels, pour tourner, ont besoin de marchandise. Quand elle vient à manquer, les cours remontent. On a manqué de vaches laitières car, vu le prix, les éleveurs ont gardé les animaux pour produire du lait. De la même façon, l'effet sécheresse avait conduit à une décapitalisation en avril et mai.
Pour les jeunes bovins, là aussi, on mesure l'effet de la diminution des mises en place. Et de plus en plus d'éleveurs ne sont plus que naisseurs. Il est donc faux de dire que le manque de JB est dû à l'export, cela ne représente qu'un peu d'animaux en plus. En tout cas, l'effet des non mises en place est bien supérieur à l'augmentation des exportations qui est très minime en nombre d’animaux. Ceci dit, comme l'export en vif propose des prix intéressants par rapport à des cours d'abattage sur les marchés intérieurs, les éleveurs sont allés vers l'export. Et on a vu ainsi les cours augmenter lire en page 13 du dossier "Bovins" de l'Anjou Agricole du 18 novembre).

Cette piste de l'export est-elle à suivre ?
On a peut-être des cartes à jouer à l’exportation. Il y a des possibilités sur les pays qui ont connu le printemps arabe : ces populations mangent du bovin, de la volaille, des ovins. Il faut y aller. Mais soyons lucides, on ne sait pas combien de temps cela peut durer.
Une autre voie à suivre, c'est celle de l'analyse économique. L'Institut de l'élevage a mis  en place des méthodes de calcul des coûts de production et d'efficacité économique établies en fonction des différents cas- types en viande bovine. Des groupes vont se mettre en place, dans le cadre de Vivéa, pour analyser ces paramètres et proposer des formations en 2012.

Un accord pour le GEF (Groupe Export France) vient d'être conclu. Vous dites "enfin" ?
Je dis que ça a été bien laborieux et que, depuis le début, la profession précise qu'il ne s'agit pas d’une démarche commerciale, mais bien de recherche de débouchés, d'expertise, de communication. Mais le problème de la valorisation perdurera tant que les choses n'évolueront pas sur les mises en marché. Et c'est là, clairement, la responsabilité des éleveurs et des coopératives (lire en page 15 du dossier "Bovins" de l'Anjou Agricole du 18 novembre).

Que penser de la réforme de la Pac et d'un possible découplage ?
Il y aura des débats internes, des arbitrages. Mais si la notion d'historiques disparaît pour des systèmes que l'on connaît dans la région sur de petites surfaces, je crains que ce dispositif sonne la fin de certaines exploitations. Même si le prix rémunérateur reste un objectif à atteindre, il aura du mal à compenser une baisse de soutien qui peut être énorme du fait de la structure de l'exploitation. Et s'il y a découplage, je pense pouvoir dire que c'est la fin de l'élevage allaitant dans la région.

PROPOS RECUEILLIS
PAR MARTINE LEROY-RAMBAUD

À lire aussi dans le dossier "spécial bovins" de l'Anjou Agricole du 18 novembre :

La viande bovine et son parcours, de l’élevage jusqu’au steak haché
Pédagogie >
Une animation s’est déroulée le 8 novembre à l’école publique de l’Isoret, à Angers. Elle s’inscrit dans le programme de communication de Bovi-Loire auprès des jeunes.

Les performances sous les mères synonymes de rentabilité
Troupeau allaitant > Une étude a été réalisée en charolais par Bovins croissance 85 et présentée aux portes ouvertes viande bovine.

GEF : accord de principe et plan d’action 2012
Export> Un accord de principe a été passé entre les principaux membres du GEF.

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