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Céréales d'hiver 
Une moisson de blé déficitaire de 1 à 1,5 tonne/hectare

Débutée début juin, la moisson 2026 aura été marquée par une extrême précocité. Concentrée sur peu de jours, elle a dû aussi s'adapter aux arrêtés incendie. Le blé a le plus pâti des aléas météorologiques, avec une perte de 1 t à 1,5 t/ha. Mais la qualité est là.

Moisson de blé en juin à Longuenée en Anjou.
Moisson de blé en juin à Longuenée en Anjou.

Démarrée vers le 10  juin cette année avec les orges, autour de la vingtaine de juin pour les blés et colzas, la récolte des céréales d'hiver est quasi terminée sur l'ensemble du département. Qu'en est-il chez différents OS ?

Pelé Agri Conseil 

Chez Pelé Agri Conseil, on constate une bonne année en colza avec 33 q/ha, des rendements d'orge de 70-72 q/ha, et des rendements de blé plus faibles, autour de 65-67 q/ha. "En blé, on perd 1 tonne à 1,5 t/ha par rapport à l'an dernier, indique Serge Blordier, animateur technique et commercial en productions végétales chez le négociant candéen. Nous avions un potentiel en place correct à très correct, au moins égal à l'an dernier, mais avec des températures supérieures à 32°C, on perdait 4 à 5 % de potentiel chaque jour". Un autre phénomène s'est ajouté : "les agriculteurs ont rapporté que le battage n'était pas facile, peut-être que la maturité n'était pas optimale, ou qu'avec les coups de chaud, les grains n'arrivaient pas à se détacher". La qualité en revanche est au rendez-vous, des taux de protéines de 11,5 en blé, tout à fait dans la norme, et un PS de 79.

La collecte a été intense pour les équipes : "c'est un défi de tout récolter en une douzaine de jours". Avec les arrêtés incendie en vigueur sur le département, les silos ont dû réouvrir la nuit : "on s'est adaptés", résume Serge Blordier, qui voit aussi un côté positif à la situation : "cela a permis de faire de la paille de nuit, une paille qui se brise moins et est plus facile à mettre en balles rondes, avec un rendement correct, autour de 4,5t/ha".

Anjou Maine Céréales

Chez le collecteur Anjou Maine Céréales, les orges sont corrects, autour de 65-70 q/ha, avec des PS à au moins 67, bons voire très bons. Plus affectés par les épisodes caniculaires, les blés donnent des rendements de l'ordre de 65 q/ha, avec des PS de 78-80, et des taux de protéines exceptionnels de 11,5 à 13. "C'est une année moyenne en blé, mais pas catastrophique, estime Eric Clavreul, responsable technique chez Anjou Maine Céréales. Ceux qui s'attendaient à faire 50 q/ha font 50 q/ha, ceux qui attendaient 65 font 65, en revanche ceux qui tablaient sur 85-90 q/ha en font quelques-uns en moins". Dans le secteur du nord/nord-est du département collecté par AMC, les blés n'ont pas trop souffert de la sécheresse, car "ils étaient déjà avancés en remplissage des grains lorsqu'il y a eu le coup de chaud. Et puis les 50 à 100 mm d'eau tombés en mai nous ont sauvés heureusement, car on a frisé la catastrophe".

Les colzas donnent plutôt satisfaction : "ils étaient moches, avec un gros problème de floraison au printemps, bloquée par le vent d'est et les attaques de méligèthes. Avec l'eau en mai, ils ont pu récupérer du PMG", explique Eric Clavreul. Les colzas affichent des rendements de 32-35 q/ha en moyenne.

Vu l'état actuel des maïs, c'est le contexte fourrager qui inquiète surtout le responsable d'AMC : "je suis très inquiet pour les trésoreries de nos clients". Quant aux tournesols, "ils peuvent donner l'impression de résister mieux que les maïs, mais les grains ne se rempliront pas s'il n'y a pas d'eau.Toutes les cultures de printemps sont amochées". 

Agri Négoce

Moisson très précoce aussi chez le négociant Agri Négoce, sur le secteur du Baugeois-Noyantais. "C'est historique. On a démarré les orges le 6 juin, les blés le 18 juin, et les derniers clients ont été reçus la nuit de jeudi 9 juillet. 85 à 90 % de la récolte avait été battue au 1er juillet", indique Rémi Rescoussié, technico-commercial. Comme chez tous les organismes stockeurs, les agriculteurs ont été reçus la nuit. La moisson d'orge est assez hétérogène, avec des rendements entre 45 et 50 q/ha sur certains secteurs et des pointes à 70-75 q/ha dans d'autres, "en fonction, surtout, de la profondeur de terres", des PS de 64 en moyenne. 

En blé, bien que la sole soit en progression, "il manque 10 à 15 % du volume", indique Rémi Rescoussié. Les rendements s'établissent à 60 q/ha en moyenne avec des variations de 45-50 q/ha à 70-75 q/ha. Dans les terres sableuses du côté de la Breille les Pins, on ne dépasse pas les 35-40 q/ha. La qualité est là, aussi bien en protéine (11,5) qu'en PS (au-dessus de 80 points). Dans les parcelles qui n'ont pas reçu leur dernier apport d'azote, il manque toutefois de protéine dans les blés.

Les rendements sont moyens en blé dur. Le colza donne 30 à 35 q/ha de moyenne avec de gros écarts aussi. Il a été pénalisé par endroits par de fortes attaques d'altises et des apports d'engrais tardifs. "C'est en colza que les agriculteurs vont faire leurs meilleures marges brutes", souligne le technico-commercial.

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