Normande
Une passion partagée en famille
Claire Lambert a rejoint ses frères et sa mère sur l'exploitation familiale, en remplacement de son père, retraité. La passion de l'élevage et de la race normande est au coeur de cette transmission.
Pour Claire Lambert, 2024 était la bonne année pour s'installer. Même si sa décision a sans doute "poussé" son père à prendre sa retraite. Après quelques années de salariat suite à l'obtention de son Bac pro CGEA et de son BTS Acse, la jeune femme était prête à rejoindre l'exploitation familiale, à Andrezé, commune déléguée de Beaupréau-en-Mauges. Car chez les Lambert, l'élevage est une passion partagée. Claire est la troisième de la fratrie de quatre enfants à choisir d'en faire son métier. Elle est aujourd'hui associée avec Mathieu et Thibaut, respectivement installés en 2012 et 2018, et leur mère Marie-Gabrielle.
Soutien mutuel
Intégrer une structure existante était une évidence pour la jeune femme qui n'a jamais songé à s'installer toute seule et n'envisageait pas cette perspective avec son conjoint, actuellement salarié agricole. "On peut se répartir les tâches entre associés, se remplacer mutuellement lorsque l'on s'absente, et se soutenir en cas de coups durs", argumente-t-elle. Et puis Claire Lambert avoue qu'elle n'aurait pas voulu refaire des travaux ailleurs, sur une autre exploitation. Depuis la reprise du site de la Lunière, en 2012, toute la famille a en effet contribué à la construction et l'aménagement des bâtiments d'élevage. La structure rassemble aujourd'hui deux sites sur lesquels sont répartis les animaux.
150 VL en moyenne
Dans la stabulation, rallongée en 2012, le troupeau est exclusivement de race normande. Le père, Joseph, a accueilli les premières vaches sur la ferme de ses parents quand il avait 10 ans. "Et quand je me suis installé en 1986, le troupeau avait 60 normandes", se rappelle-t-il. Aujourd'hui, le -bien nommé- Gaec la Normande compte 150 vaches en production qui passent deux fois par jour au roto de 26 places pour livrer 1,2 million de litres de lait à la laiterie LSDH. "Nous avons démarré notre contrat seulement en janvier dernier, précise Claire Lambert. C'est un soulagement d'avoir un prix de base du lait plus haut qu'avant, à 480 €/1 000 l".
Investir pour l'avenir
Un prix qui conditionne un revenu, essentiel pour rémunérer le travail des quatre associés, mais aussi pour investir. Spécialisée en production laitière, l'exploitation (SAU de 195 ha) consacre la majorité de ses productions végétales à l'alimentation du troupeau. "Outre le maïs - 58 ha dont 20 ha irrigués-, nous produisons de la betterave fourragère, du méteil et de l'orge qui intègrent la ration des bovins, décrit Mathieu Lambert. Nous vendons un peu de blé, mais nous achetons de la paille". Aujourd'hui, les associés sont en réflexion sur leur future organisation, lorsque Marie-Gabrielle prendra sa retraite en 2027. Ils s'interrogent sur l'acquisition de robots de traite.
Pas de doute en revanche sur le choix de la Normande. "C'est une race rustique, douce, calme et facile à élever, souligne Claire Lambert. Et c'est une race mixte nous permettant une double valorisation". Le niveau d'étable du Gaec est de 7 755 kg/vache avec 43,4 en TB et 35,5 en TP et le poids de carcasse des vaches de réforme est de 420 kg. Le troupeau affiche aujourd'hui un Isu à 124, au-dessus de la moyenne Innoval (109) et détient quelques grandes championnes de concours telle que Nutella, grande championne génisse de l'inter-régional en 2018.