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Maraîchage
Une serre agrivoltaïque qui sécurise la production

La première serre agrivoltaïque construite en Maine-et-Loire par l'énergéticien Reden est entrée en production en février, à Chenillé-Champteussé. L'EARL Lallaouret dispose désormais d'un outil pour pérenniser et diversifier sa production.

"Avec les fortes chaleurs, on mesure la nécessité de décarboner notre économie", commentait Jean-Marie Bahu, responsable développement régional Centre-Ouest chez Reden. C'est sous une météo caniculaire qu'a été inaugurée la serre agrivoltaïque de Chenillé-Champteussé, mardi 23 juin.

Implantée dans le Sud-Ouest, l'énergéticien Reden a déjà installé 300 ha de couverture agrivoltaïque en France, réparties dans 110 serres. Pour le Maine-et-Loire, il s'agit là d'une première. Reden a déjà développé une serre de mâche en Loire-Atlantique et entend bien poursuivre son avancée dans le Centre Ouest de la France.

Consommation de 2 700 personnes

La serre de l'EARL Lallaouret s'étend sur 3,95 ha, avec une hauteur maximale de 5,15 m. La toiture est constituée d'une alternance régulière de zones couvertes de panneaux et de vitres. Avec une puissance de 4,6 MWc, l'installation permet de produire 5 600 MWh/an d'électricité locale injectée dans le réseau, soit l'équivalent de la consommation annuelle de 2 700 habitants.

Mais c'est d'abord et avant tout un "projet agricole", initié il y a presque 4 ans par Hervé Lallaouret, producteur en arboriculture et maraîchage de 58 ans, associé avec son frère Pierre-Jean. Localement, le projet a obtenu un avis favorable de la CDPNAF*, est soutenu par les élus du territoire car il s'inscrit pleinement dans les objectifs de production d'énergie locale, et est également accompagné par la Chambre d'agriculture.

Ce projet engage l'exploitation sur plusieurs décennies et contribue à sa pérennité. Sur le plan juridique, l'agriculteur occupe à titre gratuit les serres pendant une durée de 36 ans, le développeur étant nu-propriétaire de la serre durant cette période, en assurant l'exploitation et l'entretien. Au terme de ce bail, l'exploitation deviendra propriétaire.

Avec des coûts de construction d'1 M d'euros/ha, et qui sont même grimpés à 1,3 M d'euros/ha avec l'inflation, il était inenvisageable pour l'EARL Lallaouret de porter cet investissement, comme l'explique Hervé Lallaouret : "pour faire construire une serre classique en verre, j'en aurais eu pour au moins 2,5 M d'euros. Alors l'avantage d'une serre photovoltaïque, c'est que le développeur construit la serre et que j'en ai l'usufruit. Je dispose d'une serre qui ne m'a rien coûté".

Moins dépendre des conditions climatiques

La serre répond aux besoins de l'exploitant d'optimiser ses conditions de culture : "les principaux facteurs qui nous handicapent, c'est la pluie, le froid et le vent. Avec la serre, on contrôle ces paramètres et on consomme beaucoup moins d'eau car il y a moins d'évaporation. On arrose en goutte à goutte", indique l'agriculteur. Autre atout : pour protéger ses cultures maraîchères dans un contexte de raréfaction des solutions phytosanitaires, il introduit dans la serre des auxiliaires de cultures.

Autre avantage, l'allongement des périodes de production. "Je peux obtenir plus de précocité sur mes productions et les prolonger également plus tard dans la saison", apprécie aussi Hervé Lallaouret, qui cultive une large gamme de légumes : pastèques, melons, tomates, haricots, courgettes, blettes, céleris, carottes, pommes de terres, poivrons...

Point important aussi, la couverture photovoltaïque apporte de la fraîcheur, permettant de meilleures conditions de travail (10 à 15 salariés saisonniers sont employés à ce jour sur l'exploitation).

Quelques adaptations culturales

"Avec 50 % de la surface qui est couverte, on ne cultive bien sûr pas de la même façon dans une serre agrivoltaïque. Il faut adapter les apports d'eau et d'azote, puisqu'on consomme environ 30 % d'eau en moins par rapport à une serre normale, et 30 % d'azote en moins également", souligne Johan Bernardin, agriculteur charentais et président de l'association Alliance Eva (Énergie verte agricole), qui travaille en collaboration avec Reden. Hervé Lallaouret bénéficie pendant 2 ans des conseils de celui-ci.

Au moment de la mise en culture des premiers légumes, l'agriculteur s'est rendu compte qu'il avait mis trop de fumier, et va réajuster ses apports. Mais sur ses tomates par exemple, il ne voit pas de différences flagrantes avec une production classique.

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