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Méthanisation
Une solution environnementale en créant de la valeur ajoutée

Des projets se développent dans le Maine-et-Loire, l'un à Montilliers et Vihiers, l'autre à St-Georges-sur-Loire.

Une quinzaine d’agriculteurs est venue écouter la présentation des projets de méthanisation, à La Pommeraye mercredi dernier.
Une quinzaine d’agriculteurs est venue écouter la présentation des projets de méthanisation, à La Pommeraye mercredi dernier.
© AA

La méthanisation. Le principe fait des émules et les projets se développent dans le département. Des projets aux ambitions différentes dont ont fait part des agriculteurs lors de l'assemblée générale communale de la FDSEA de La Pommeraye.
Le concept : “valoriser les effluents des élevages  en produisant du biogaz, source d'énergie renouvelable et un digestat qui sert de fertilisant sur les exploitations”, résume Joël Gendron, un agriculteur responsable du projet sur Saint-Georges-sur-Loire. Le but de son projet de méthaniseur : “pérenniser nos exploitations, faire de nos effluents une valeur ajoutée”, note Pascal Herguais investi aussi dans le projet de Saint-Georges-sur-Loire.
Une démarche agronomique

Pour Claude  Fardeau, un des protagonistes de deux méthaniseurs à Vihiers et Montilliers, la démarche est différente. “Elle est purement agronomique et environnementale”, explique-t-il. “Nous étions face à un problème de surenchère de surface d'épandage”. Au départ, en 2010, les agriculteurs réfléchissaient à un plan d'épandage collectif. Pour finalement aboutir à un projet de méthanisation qui regroupe deux unités de méthanisation. “Nous sommes 77 agriculteurs dans ce projet, un méthaniseur était insuffisant.” Autre caractéristique du projet : “les effluents de nos élevages sont finalement peu méthanogènes.” Comme le rappelle l'agriculteur : “Notre objectif n'est pas la rentabilité mais la résolution d’un problème environnemental”. La forte présence de phosphore dans les effluents des animaux : “190 t. alors que nous n'avions besoin que de 140 t. Il nous fallait donc exporter 50 t de phosphore”. Pour cela, les agriculteurs ont trouvé une solution innovante : “grâce à un déphasage, le phosphore sera capté sur les lisiers de porcs à l'arrivée au méthanisateur. Le séchage de ces boues phosphorées va permettre de produire un engrais organique normé (NF 42 001)”, explique l'agriculteur devenu spécialiste du sujet. Cet engrais pourra ensuite être exporté.
À Saint-Georges-sur-Loire, le projet ne regroupe que six exploitations. “Nous avons appris que le siège de la communauté de communes et une maison de retraite étaient en projet. Ces deux constructions étaient l'opportunité de valoriser la chaleur d’un projet de méthanisation”, explique Pascal Herguais.
12 100 t. d’effluents

Les agriculteurs souhaitent pouvoir chauffer les deux lieux grâce à leur méthaniseur. “Pour cela, nous devions trouver un lieu assez proche des futurs bâtiments.” Aujourd'hui, le lieu  trouvé est en cours d'achat. Les agriculteurs ont opté pour une unité de méthanisation par voie sèche. “C'est ce qui correspondait le plus à nos besoins.” Au total, le méthaniseur transformera 12 100 t d'effluents et de coproduits : 9 000 t. de déchets agricoles, 160 t. de tonte de pelouse 600 t. de matière de vidange et de graisses, 350 t. de menues pailles et 700 t. de Cive (cultures intermédiaires à vocation énergétique). L'investissement s'élève à 2,5 millions d'euros et “nous espérons avoir un retour sur investissement au bout de 6 à 7 ans”.
Tout de même, entre les deux projets, un point commun : “c’est long à mettre en place, cela demande beaucoup d'investissement, souligne Claude Fardeau. C’est pour cela que nous avons décidé de travailler collectivement.”

H.R.
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