Œufs
« Une tension, pas une pénurie »
Questions à Stéphanie Ripoche, co-gérante de l'élevage et du centre de conditionnement L'œuf des deux moulins à Montrevault-sur-Èvre (Le Fief-Sauvin) et membre du conseil d'administration du CNPO (Comité national de promotion de l'œuf).
On parle de pénurie d'œufs. Quelle est la réalité de la situation et comment l'explique-t-on ?
Nous sommes dans une période charnière, avec la transition de l'élevage en cage vers l'élevage au sol, en plein air et bio. La filière s'est donné comme objectif 90 % d'œufs alternatifs à la cage d'ici 2030. Cette transition entraîne de fait, pour les éleveurs, une baisse de 20 % de leur production.
Dans le même temps, la consommation de l'œuf, protéine la moins chère et qui correspond aux attentes des consommateurs, ne cesse de croître, avec + 5 % par an depuis 2023 de ventes en GMS. Alors, si nous ne sommes pas en pénurie, il y a une bien sûr grande tension, qui a été accentuée en ce mois de janvier, par les difficultés d'approvisionnement dues à la neige et par la demande saisonnière pour les galettes des rois.