Viande bovine
Une transmission dans la sérénité
Éleveur de bovins allaitants à Ombrée d'Anjou (Le Tremblay), Alain Denieulle vient d'être remplacé sur l'exploitation par un tout jeune agriculteur, Alexis Gastineau.
Alexis Gastineau a eu 20 ans en octobre dernier et au 1er novembre, le jeune homme était officiellement installé. Il vient remplacer l'éleveur Alain Denieulle et est désormais l'associé de Jean-François Gillier, cousin de ce dernier, sur une exploitation en polyculture-élevage. Un troupeau de 65 vaches blondes d'Aquitaine en Label rouge, un atelier de 180 taurillons et 3 poulaillers Label rouge en contrat avec les fermiers d'Ancenis, sur une SAU de 80 ha à ce jour.
Il y a plusieurs années déjà qu'Alain Denieulle et Jean-François Gillier, associés au sein du Gaec des Iris, cherchaient à anticiper le départ en retraite d'Alain. "On s'était préparés mentalement en s'inscrivant, dès 2021, sur le RDI, répertoire départ-installation, expliquent-ils. Mais on a surtout reçu des candidats qui voulaient s'installer seuls".
Les avantages d'une association
Alexis Gastineau a lui aussi songé, un moment, à une installation en individuel, en viande bovine. Mais après avoir goûté au travail en Gaec, il ne reviendrait pas sur sa décision. Il voit aujourd'hui de nombreux avantages à l'association : "une meilleure efficacité à deux, quand on doit par exemple manipuler des bovins, la possibilité de se remplacer pour des week-ends et des vacances, et surtout la communication et l'échange des conseils avec son associé, et le partage des responsabilités".
Sur l'exploitation, rebaptisée Gaec des Prés dorés, le jeune éleveur a en charge l'élevage bovin et la partie administrative, tandis que son désormais associé Jean-François est lui, responsable du site avicole, situé à une dizaine de kilomètres, et des cultures. "Cela permet à chacun de travailler de son côté, tout en échangeant régulièrement avec l'autre", souligne Jean-François Gillier.
Apprentissage et salariat
Originaire de Bouillé-Ménard, Alexis Gastineau est arrivé au Gaec des Iris en 2024, pour effectuer son apprentissage en Certification de spécialisation en viande bovine, après avoir passé un Bac pro, en apprentissage aussi, à la MFR de Segré. Issu du milieu agricole, il souhaitait s'installer, mais en dehors du cadre familial, et cherchait une exploitation qui corresponde à ses valeurs.
Le jeune homme est arrivé au bon moment : la salariée à mi-temps qu'employaient alors Alain et Jean-François souhaitait partir à cette période là. Alain Denieulle étant régulièrement absent pour remplir ses différentes responsabilités, à la Chambre d'agriculture et à la Safer, il fallait un renfort sur l'élevage. "Les planètes se sont alignées", résume-t-il. À la fin du CS, un projet d'installation s'est dessiné. Alexis a alors enchaîné sur une année de salariat, via Elioreso (le Groupement d'employeur départemental). "Cela m'a permis de prendre le temps de préparer mon installation", souligne le jeune homme. Et de s'assurer qu'il s'entendait bien avec son futur associé.
Le rôle déterminant de Bovinéo
Financièrement, le projet d'Alexis a été tout de suite soutenu par le partenaire bancaire qui suit l'exploitation. Un point bien sûr essentiel, dans un contexte de renchérissement des projets de reprise en viande bovine. Le jeune éleveur a pu apporter 50 000 € en parts sociales dans la société. "Ce qui a beaucoup rassuré la banque, explique-t-il, c'est qu'elle a vu que nous avions des partenariats".
En premier lieu, celui avec Bovinéo, le groupement de producteurs bovins de la Cavac. Pour soutenir le projet d'Alexis, Bovinéo finance l'achat des jeunes bovins durant les 5 premières années de son activité, soit entre 100 et 120 animaux par an, à raison d'environ 1 800 € par animal, soit autour de 200 000 € d'aide annuelle. Le groupement propose aussi un emprunt à taux bonifié, et offre aux jeunes éleveurs en filière Label rouge la garantie qu'au moins 60 % de leurs vaches soient effectivement payées au tarif Label rouge (autour de 20 à 25 ct/kg de plus-value).
Et ce qui contribue aussi à mettre le jeune agriculteur sur de bons rails, c'est la bonne santé économique du Gaec, l'association avec un associé encore jeune, même s'il a le double son âge (41 ans), et un environnement local porteur au Tremblay, avec une Cuma dynamique. "On a très peu de matériel en propre. Ici, on ne verra jamais un gros tracteur dans la cour, on préfère y voir un beau taureau !" plaisante Alexis Gastineau. Il apprécie d'être "bien accompagné", à la fois sur l'élevage, mais aussi dans le groupe viande de la Chambre d'agriculture, le groupe jeunes de Bovinéo, ou encore au sein des JA de Pouancé, qu'il a rejoints il y a quelques mois. Autre gros atout dans cette installation, la possibilité d'avoir pu emménager dans la maison d'habitation sur la ferme, auparavant occupée par son prédécesseur. "Pour un vêlage à 3 h du matin, c'est mieux d'être sur place qu'à 15 km..."