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Viticulture 
Une vendange très précoce et affectée par les canicules 

Des premières parcelles de vigne ont été vendangées dès le 6 août en Maine-et-Loire. Une vendange 2026 marquée par une très grande précocité et qui va pâtir de la météo. 

« Les vendanges ont débuté un tout petit peu dès les 6, 7 et 8 août, et plus sérieusement le lundi 10 août. On bat encore des records de précocité, indique Pierre-Antoine Pinet, le président de la Fédération viticole Anjou Saumur. Et il est urgent de vendanger, car les degrés sont élevés et les acidités, plutôt basses. Notre difficulté aujourd'hui, c'est d'arriver à récolter très vite ». Les premières vendanges manuelles ont été laborieuses, sous des températures caniculaires qui n'étaient bonnes ni pour les vendangeurs, ni pour le raisin. « On ramassait des jus à 22-23°C à 6 h du matin », témoigne Pierre-Antoine Pinet.

Demande d'Indemnité de solidarité nationale

Les températures sont un peu plus clémentes depuis cette semaine. Mais ce qui inquiète les viticulteurs angevins, c'est la baisse de rendement qui se profile. « C'est très hétérogène, mais on commence à parler de baisses de 20 à 30 % en moyenne, et beaucoup de gens évoquent des demi-récoltes », ajoute le responsable professionnel, pas très optimiste à ce jour. « Je pense que cela sera pire qu'un gel, car cela touche des surfaces bien plus importantes. Et l'eau qui commence à tomber ne ramènera pas beaucoup de volume ». L'assurance multirisque climatique a été déclenchée dans un certain nombre de domaines viticoles et une demande d'ISN (Indemnité de solidarité nationale) a été faite par la profession. 

Évolution galopante de la maturité

Ce mercredi, la vendange débutait au Château du Fresne, à Bellevigne en Layon, sur une parcelle de chardonnay. L'équipe de permanents et de saisonniers est à peine au complet (15 saisonniers au rendez-vous sur une vingtaine d'attendus), mais, face à l'évolution galopante de la maturité des baies, il n'était plus possible d'attendre. Les associés s'apprêtent à enchaîner un mois de récolte sans beaucoup de pauses. Avec des équipes de vendangeurs la semaine, et avec des machines le week-end.

Phénomène de passerillage 

Dans les rangs que parcourt David Maugin, un des associés, ce mercredi matin, les baies ne sont pas bien grosses. Pour les protéger du rayonnement trop intense du soleil -et aussi pour réaliser quelques économies-, le domaine a fait l'impasse sur l'effeuillage avant vendange, cette année. « On a voulu éviter de brûler les raisins », explique-t-il.

Mais les canicules n'ont pas épargné ses vignes. Sur le côté du rang le plus exposé au soleil, beaucoup de raisins sont flétris et desséchés. Ce phénomène de passerillage sur la vigne fait craindre une perte de volume significative. Les degrés élevés en alcool et les taux d'acidité plutôt faibles présagent toutefois d'un bon millésime. 

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