Viticulture
Vendange 2026 : un volume en baisse de 10 %
La Fédération viticole d'Anjou-Saumur a dressé lundi un premier bilan des vendanges 2026. Une récolte en baisse, mais de qualité.
L'an dernier, 873 693 hl avaient été produits en Anjou Saumur, sur 18 286 ha. D'après les premières estimations de la Fédération viticole, la vendange 2026 devrait se situer en retrait de 10 % par rapport à celle de 2025, déjà plutôt faible. La dernière récolte "normale" remonte à 2023. Sécheresse et canicules ont affecté le vignoble. Des records de précocité ont été battus, le cycle de la vigne a été "concentré et accéléré". Pierre-Antoine Pinet, président de la Fédération viticole, qualifie toutefois cette vendange 2026 de "correcte, et pas catastrophique". Les orages de fin août ont contribué à "limiter la casse".
Le vignoble a été impacté de manière différenciée : côté Saumurois, "l'Anjou blanc", calcaire, a été davantage épargné par la sécheresse, grâce à ses sols plus profonds. Côté "Anjou noir" et ses sols schisteux plus superficiels, aux faibles réserves utiles, la vigne a souffert. La Fédération viticole a porté une demande d'Indemnité de solidarité nationale (ISN) et une demande de perte de fonds pour des jeunes vignes.
En termes qualitatifs, le millésime 2026 s'annonce prometteur, grâce à un "état sanitaire impeccable", souligne Pierre-Antoine Pinet. Il faut s'attendre à des vins "solaires, chaleureux". Un des enjeux de la récolte a consisté à vendanger assez tôt pour conserver de l'acidité naturelle, gage de qualité.
Déficit de crémant
Production phare du vignoble, "dernier segment du monde du vin qui ait des perspectives de croissance", les crémants ont pâti de la situation climatique puisque, malgré davantage de surfaces affectées, le volume n'a pas augmenté. Le vignoble peine à alimenter un négoce très demandeur.
Blanchiment du vignoble
La tendance de fond en Anjou Saumur est celle d'un "blanchiment du vignoble", comme l'explique Pierre-Antoine Pinet, blanchiment favorisé par le développement des fines bulles et également des blancs secs. Les cépages chenin et chardonnay progressent, au détriment du grolleau et du cabernet. "Ce n'est pas une mauvaise chose, on s'adapte au marché", estime-t-il.