Aller au contenu principal

Vers une hausse des primes de 10 à 30 % en 2022

L’un des principaux assureurs agricoles du Maine-et-Loire, Groupama Loire Bretagne annonce des hausses des primes de l’assurance récolte pour 2022.

Sur les 5 dernières années, les vignerons ont subi 3 gelées.

Les cotisations payées par les agriculteurs du Maine-et-Loire pour bénéficier d’une assurance multirisques climatiques (MRC) vont augmenter en 2022.
Pour les assurés de la caisse Loire Bretagne de Groupama, elles vont augmenter de 10 à 30 % pour une question d’équilibre financier. « Nous n’avons jamais gagné d’argent avec cette assurance. L’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) nous a interpellés sur cette situation qui n’était plus acceptable », explique Gwenaël Simon, directeur assurances de Groupama Loire Bretagne.

3,3 millions d’euros versés pour 2021
La preuve en est pour la dernière campagne. « Nous allons verser 3,3 millions d’euros pour nos assurés en Maine-et-Loire ». En cause, les gelées de début avril sur la vigne. « Les 2/3 des bénéficiaires sont des viticulteurs », souligne le directeur assurances. Cette année, le ratio sinistres/prime (rapport entre les coûts des sinistres et les primes) de Groupama Loire Bretagne est de 170 %. « Les aléas climatiques sont tellement fréquents que nous n’avons pas d’année pour compenser les pertes occasionnées...» Sur les 5 dernières années, il s’élève à 130 %. Autrement dit, le montant des sommes dépensées par l’assureur pour indemniser les sinistres est 1,3 supérieur au montant des cotisations perçues. « Cela ne nous permet même pas de couvrir nos frais de fonctionnement. » Et en viticulture, la situation est pire. En 10 ans, Groupama Loire Bretagne a versé un montant 1,6 fois supérieur d’indemnités au montant total des cotisations des vignerons. « Sur les 5 dernières années, les vignerons ont subi 3 gelées. » Résultat, pour 2022, les viticulteurs vont subir les plus fortes hausses de primes. En vigne, les primes seront comprises dans une fourchette de 330 à 500 €/ha brut, soit 118 à 177 €/ha après la subvention de 65 %. « Le montant des cotisations n’est pas le même en fonction des parcelles assurées. La valeur d’une parcelle est différente selon les appellations... » Pour les grandes cultures, les cotisations pourront varier de 30 à 48 €/ha brut soit 12 à 17 €/ha après la subvention de 65 %. Difficile encore pour Gwenaël Simon de mesurer si ces hausses auront des conséquences sur le nombre des clients. « Nous  saurons en janvier quand les agriculteurs mettront à jour leur assolement. »

Un projet de loi qui va dans le bon sens
Face à l’accélération des aléas climatiques depuis 5 ans, l’assureur voit la nouvelle réforme sur l’assurance récolte d’un bon œil. Pour rappel, le projet de loi envisage un système à trois étages. Le premier étage concerne les agriculteurs qui, à travers une épargne de précaution (donc sur leurs propres deniers), assumeront les pertes constatées jusqu’à 20 %. Au-delà, soit entre 20 % et 50 % (selon les sources), les pertes seront prises en charge par les assurances privées. De plus, pour encourager les agriculteurs à s’assurer, l’État devrait augmenter les subventions qu’il octroie sur les primes d’assurance. Elles pourraient atteindre 70 % du montant. Enfin, les fonds publics prenant le relais pour indemniser les sinistres d’ampleur exceptionnelle constitueraient le troisième étage de la fusée. « Ce système se rapproche du modèle espagnol qui a fait ses preuves, note Gwenaël Simon. Ce nouveau système pourrait permettre d’avoir un outil pour la profession agricole pour sécuriser les exploitations face à l’augmentation et l’intensité des aléas climatiques. »

 


Entre + 15 et + 25% de hausse chez Pacifica

« Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous allons majorer nos cotisations, mais cela est nécessaire pour continuer de proposer aux agriculteurs des garanties qui ont du sens et qui les protègent face au changement climatique », a expliqué le directeur du marché de l’agriculture et de la prévention de Pacifica Jean-Michel Geeraert. D’après lui, sur la petite dizaine d’assureurs qui distribuent de la MRC, au moins trois ont commencé à informer leurs clients d’une hausse tarifaire depuis juin. La filiale du groupe Crédit agricole prévoit une hausse des primes « comprise entre 15 et 25 % » pour les cotisations 2022. « En production de grandes cultures, cela veut dire passer de 12 € à 15 ou 16 € de l’hectare net de subvention », a-t-il détaillé. En viticulture, la cotisation à payer après déduction de la subvention publique passera « d’environ 80 € à 101 € par hectare ». Tandis qu’en arboriculture, elle passera « de 310 à environ 370 € par hectare ».
 À l’heure actuelle, les assureurs estiment que la MRC leur coûte trop cher. Ils pointent une « dérive » des coûts provoquée par l’accélération des aléas climatiques depuis cinq ans. Chez Pacifica, le rapport sinistre sur primes – qui mesure la rentabilité de l’assurance – est « d’environ 135 % sur la période 2016-2020 », selon Jean-Michel Geeraert.
« Entre 2016 et 2021, nos assurés en grandes cultures ont reçu en moyenne 65 € par hectare et par an; et nos assurés en viticulture ont perçu en moyenne 611 € par hectare et par an », précise le directeur.

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Anjou Agricole.

Les plus lus

Des moutons dans le verger
 Les Fruits d’Altho, à Morannes sur Sarthe-Daumeray, produisent pommes et poires sur 125 ha. Les arboriculteurs, Thomas et…
« Une phase de fragilité comme on n’en a jamais connue en volaille »
Nathalie Langereau, responsable du dossier volaille à la FDSEA49.
Le Maine-et-Loire, un département diversifié majoritairement tourné vers l'élevage
En Maine-et-Loire, le recensement agricole 2020 dénombre 5 245 exploitations agricoles.* Le nombre d’exploitations…
Distraire au quotidien les poules pondeuses confinées
Déjà 2 mois que les poules pondeuses plein air  ne sortent plus... La faute aux mesures de biosécurité pour lutter contre la…
Quelles méthodes alternatives au glyphosate et à quel coût ?
 La disparition progressive des matières actives amène les producteurs à explorer différentes solutions.
380,15 € en prix de base sur janvier et février
Christophe Cesbron, producteur à Chemillé en Anjou et président de la nouvelle association de producteurs Lactalis, l’APLSL.
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 157€/an
Liste à puce
Consulter l'édition du journal l'Anjou agricole au format papier et numérique
Accédez à tous les articles du site l'Anjou agricole
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter d'actualités
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois