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Biodiversité 
Vertus d'une bande fleurie

Gilles Paré, agriculteur à Beaufort en Anjou, a semé une bande enherbée le long d'une de ses parcelles. Une mise en place qui s'est réalisée dans le cadre du projet Flor'agri.

Membre du réseau Arbre depuis 2019, Gilles Paré a implanté une bande fleurie au printemps 2024. L'agriculteur cultive une centaine d'hectares de grandes cultures et semences fourragères. "Je me suis engagé suite à un souci de voisinage, au moment du passage de fongicide sur blé au printemps, relate-t-il. Un voisin est venu me sortir du champ et m'expliquer mon travail... Nous avons discuté et ça s'est très bien terminé. Mais quand le réseau Arbre m'a dit qu'il recherchait des producteurs, je me suis dit que c'était la bonne occasion d'implanter une bande fleurie". Cette bande, d'environ 600 m2 sur une parcelle de 3,2 ha, longe une route passante : "cela n'a rien d'obligatoire, mais ça a l'avantage d'éloigner de 3 m le passage des engins, et de montrer que je fais des efforts".

Dans le cadre du projet Flor'agri, qui vise à favoriser l'utilisation de végétaux sauvages d'origine locale en milieu agricole, il a semé un mélange adapté aux grandes cultures et à la grande zone "bassin parisien sud". Une 15aine d'espèces : sauge commune, marguerite commune, carotte sauvage, centaurée jacée, trèfle blanc, vipérine commune, lotier corniculé, achillée millefeuille, plantain lancéolé, souci des champs, bleuet des champs, luzerne lupuline, mauve sylvestre et fétuque ovine. "L'objectif était d'avoir à la fois des espèces annuelles et des vivaces dans le mélange", a expliqué Damien Dutertre, conseiller à la Chambre d'agriculture, lors d'une visite de parcelle organisée par Vegepolys Valley, le 19 mai. Les zones de protection des cultures semencières ont bien sûr été prises en compte dans le choix des espèces.

Biodiversité favorisée

Depuis qu'il met en place des bandes enherbées dans le cadre d'Arbre, Gilles Paré, également chasseur, a observé que celles-ci formaient des abris de choix pour le petit gibier. La bande fleurie, elle, favorise la présence de pollinisateurs et d'auxilaires de cultures, mais l'agriculteur ne mesure pas encore de manière précise l'évolution de la faune. Il en reconnaît aussi les limites : "il va y avoir des effets année. Si on a une bande fleurie qui va faciliter les auxiliaires, ça va certainement apporter un bénéfice sur une année normale, avec une pression ravageurs raisonnable, voire faible. Mais sur une année compliquée en termes de ravageurs, ça ne va pas tout résoudre". Des pièges passifs enterrés dans le sol (pots Barber) ont permis d'observer la présence encourageante de prédateurs des nuisibles, comme les carabes et les staphylins.

Gérer le salissement

Gilles Paré souhaite pérenniser cette bande fleurie, en 3e année de production. Mais il est confronté, depuis ce printemps surtout, à un salissement par de la flore spontanée, notamment des graminées, qui profitent sans doute des apports d'azote sur la culture. Si ces graminées prennent vraiment le dessus, l'agriculteur envisage, l'année prochaine, de casser la bande enherbée et de la re-semer entièrement. Estimant qu'"on ne communique pas assez" sur le sujet, il souhaiterait aussi informer les passants sur les vertus des bandes fleuries, par le biais de panneaux en bord de route.

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