Aller au contenu principal

Xavier Beulin : lettre aux paysans

Dans une lettre rédigée le 28 juillet dernier, Xavier Beulin exprime son ressenti sur la situation vécue par le monde agricole.

Xavier Beulin, président de la FNSEA
Xavier Beulin, président de la FNSEA
© Actuagri

LETTRE AUX PAYSANS

 

' La situation est difficile, très difficile pour les paysans Français, pour vous, pour nous, ce sont des moments de doutes importants. Le métier est touché, il est touché au coeur d'ailleurs car nombreux sont ceux qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts. Sur le terrain, je vois votre colère, une colère liée au désespoir qui vous habite. Cette colère je la vis et la partage. C'est une saine colère, elle se veut une envie d'avenir face à un présent plombé. Depuis le départ, la FNSEA avec ses fédérations départementales, gère le mouvement après l'avoir initié. D'actions de barrages, nous sommes passés à des actions plus ciblées et recentrées sur ceux qui ne jouent pas le jeu, ceux qui ne respectent pas les règles. En effet, distribution et transformation doivent cesser de se renvoyer la balle de la responsabilité dans un match où les paysans sont sûrs de perdre.

 

Je le redis ici, nous avons besoin d'un grand plan de désendettement, de moins de normes, de contrats justes et équitables mais aussi de prix, de prix et encore de prix ! Il n'y a pas de solution miracle mais il y a des solutions qu'ensemble nous avons à porter pour que notre travail permette de vivre et d'espérer. Longtemps, on a mis la ruralité et les paysans de côté. Nous n'étions pas assez « modernes » pas assez « tendance » mais on était toujours assez bien et bons pour nourrir les Français. Désormais, tout le monde se réveille : « Tiens les paysans sont en difficulté et n'arrivent plus à vivre de leur métier ». Il n'est jamais trop tard. Ce n'est pas faute d'avoir alerté.

 

Face à tout cela, nous parlons haut et fort en ce moment pour expliquer nos revendications. Nous nous exprimons beaucoup afin de sensibiliser le plus grand nombre à notre quotidien. Nous allons partout sur le territoire pour soutenir les actions, les productions dans nos régions. Notre mobilisation est très forte car juste, légitime et humaine. Certains voudraient la mépriser, la casser ou se l'approprier alors on attaque la FNSEA ou on m'attaque. Faciles et démagogiques, ces attaques fleurissent et veulent nous toucher, me toucher. C'est mal connaître les paysans qui savent si bien reconnaître le bon grain de l'ivraie ! Quand autant d'extrêmes positions et de critiques extrémistes viennent contrer notre mur de responsabilités ; au fond cela renforce nos convictions. Trop de gens sont d'accords pour nous taper dessus avec seulement ça comme point commun...

 

Je préside la FNSEA avec une fierté que les mots ne sauraient traduire. Et Oui, je préside aux destinées d'Avril (Sofiprotéol), un groupe qui exprime la réussite non pas de Xavier Beulin, mais celle de milliers d'agriculteurs engagés dans les débouchés et la valeur ajoutée. Aller plus loin ce serait donner du plaisir à nos détracteurs, ceux-là même qui vocifèrent sans proposer, qui salissent sans comprendre, qui jugent sans savoir ! Nos concurrents syndicaux après avoir rallié notre cause, reviennent à leurs intérêts. Certains politiques, scotchés par la situation, cherchent des boucs émissaires et sur les réseaux sociaux certains libèrent leur haine sans réfléchir.

 

Au Gouvernement je dis il nous faut le respect des accords conclus et vite passons aux réflexions et aux solutions d'avenir. Aux politiques, je redis nous avons besoin du soutien de tous mais de la récupération de personne. A nos concitoyens, j'exprime notre gratitude face à leur compréhension et leur sympathie. Ils sentent qu'il en va d'une partie importante de l'avenir du pays. A la distribution et à la transformation, j'envoie un message de fermeté, arrêtez vos jeux qui n'en sont pas et cessez d'user et abuser de votre pouvoir démesuré. Aux médias, je vous dis merci d'avoir compris nos enjeux qui vont au-delà de notre colère, il s'agit bien de l'avenir de l'agriculture et de la ruralité française. A vous, paysans de France, je vous dis tenez bon. Vos difficultés et celles de vos familles ne doivent pas être inscrites dans le temps. Nous allons rebondir en nous battant. Nous allons ensemble, unis, construire notre avenir. Nous sommes dans l'ambition du concret et du possible face à la futilité démagogique et irresponsable. La France mérite une agriculture debout avec des paysans fiers de leur métier. '

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Anjou Agricole.

Les plus lus

Face à des rendements catastrophiques, de nombreux éleveurs se trouvent contraints d'acheter des fourrages.
Le préfet réunit la cellule de crise
François Pesneau, préfet de Maine-et-Loire, a réuni, avec la Chambre d'agriculture, la cellule départementale sécheresse vendredi…
La vendange a commencé mercredi 19 août au Château du Fresne à Bellevigne en Layon (Faye d'Anjou). En haut à droite, un des associés, David Maugin. En-dessous, des baies flétries par le soleil. 
Une vendange très précoce et affectée par les canicules 
Des premières parcelles de vigne ont été vendangées dès le 6 août en Maine-et-Loire. Une vendange 2026 marquée par une très…
Anthony Audouin et Paul Raimbault, associés de l'EARL de la Gilière, commercialisent leurs fromages sous la marque Chevrettes des Mauges. 
Ils pérennisent l'élevage du patron

À Montrevault sur Èvre (Saint Quentin en Mauges), Paul Raimbault et Anthony Audouin ont repris l'élevage de leur ancien…

Malo Chanteux et Maud Antonin dans la chèvrerie en construction.
Une chèvrerie pensée pour demain

Installé en janvier 2026 à Segré-en-Anjou-Bleu, Malo Chanteux projette de conduire un cheptel de 500 chèvres laitières…

Ces femmes et ces hommes qui croient en l'avenir de l'agriculture
Difficile de positiver après l'été 2026 que nous venons de traverser, et dont les conséquences s'étaleront probablement encore…
En MFR, la demande pour les formations agricoles en apprentissage se renforce.
Les formations agricoles confirment leur attractivité 
L'heure de la rentrée a sonné dans les établissements de formation agricole du département.
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 205€/an
Liste à puce
Consulter l'édition du journal l'Anjou agricole au format papier et numérique
Accédez à tous les articles du site l'Anjou agricole
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter d'actualités
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois