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Elus-agriculteurs, faire le choix du local

Traditionnellement, les agriculteurs ont une implication très forte dans les communes rurales. Si les compétences des communes tendent à diminuer, les élus agriculteurs permettent d’appuyer certains dossiers, comme ceux de l’alimentation.

© AA

L’image des produits locaux est très bonne, selon une étude réalisée en 2019 par l’Ifop. Pour 95 % des français, ces produits permettent de soutenir l’agriculture. Pour
90 %, ils sont gages de traçabilité et de confiance. Partout en France, l’engouement pour les produits alimentaires locaux se confirme.  Pour  les  agriculteurs,  les  filières  agroalimentaires  et  leurs  territoires,  il  s’agit  d’une formidable  opportunité  de  développement.  Les  communes  et  intercommunalités, par leurs compétences, sont au cœur de ce développement alimentaire.


Du local dans les cantines
Ainsi, à Erdre-en-Anjou, Françoise Passelande est élue depuis 6 ans et termine son premier mandat. Elle a vu arriver avec les communes nouvelles « une vue différente du rôle d’élu avec un mandat atypique ». Françoise Passelande est également agricultrice, éleveuse de charolaise avec son mari, sur la commune déléguée de Brain-sur-Longuenée. Durant son mandat, elle a participé à la création d’un groupement de 6 éleveurs de bovins, dont elle fait partie, qui approvisionnent les cantines scolaires d’Erdre-en-Anjou. « Nous sommes venus étoffer la gamme de produits locaux ». Ainsi, une fois toutes les deux semaines, sauté de bœuf et saucisses sont au menu des cantines des quatre municipalités (La Pouëze, Brain-sur-Longuenée, Vern-d’Anjou et Gené) de la ville. Un volume de 50 kg, représentant 500 à 600 repas.


Défendre l’agriculture en s’investissant
Si aujourd’hui la plupart des décisions concernant l’agriculture sont prises à une échelle nationale, voire européenne, la relocalisation de l’alimentation passe par une relocalisation du pouvoir, comme l’indique Françoise Passelande :
« Il faut rester local au niveau des décisions, comme au niveau de l’alimentation. C’est le meilleur moyen d’avoir une importance ». Le reproche qui a été fait aux élus d’Erdre-en-Anjou lors d’une concertation citoyenne, celui d’être trop éloigné du terrain, encourage l’élue à intensifier ce “localisme”.
« En tant qu’agriculteur, il faut être dans les conseils. Le paysage agricole va changer, nous sommes en pleine mutation. Il va falloir défendre la profession agricole, et le meilleur moyen passe par une implantation locale des agriculteurs, tant pour le dialogue que pour les actions concrètes, telles que dans les cantines ». En effet, à l’heure où la dynamique est de 3 départs pour 1 installation, les agriculteurs dans les conseils municipaux se font rares. Sur la liste de Françoise Passelande, ils sont 3 sur 33. Moins d’exploitants, plus de travail. L’équation est simple, et inquiète l’élue : « Avec mon mari, nous sommes à 3 ans de la retraite. Nous n’avons pour l’instant pas de repreneur pour l’exploitation. Nous ne sommes pas fermés, même si nous souhaiterions installer un jeune. Ce serait bien qu’il y ait des maraîchers sur la commune également ». En effet, la demande en fruits et légumes locaux est élevée, mais l’offre est faible. « Là encore, en tant qu’élus nous pouvons avoir un rôle pour faciliter l’installation d’agriculteurs ».
Françoise Passelande se présente en tant que conseillère communale sur la liste Terres d’Avenir 2020, face à la liste de la maire sortante.

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